Renseignement spatial : je questionne le Chef d’Etat Major des Armées Fabien Mandon

La Commission des Affaires étrangères a auditionné, ce mercredi 29 avril 2026 le Chef d’Etat Major des Armées Fabien Mandon. Je l’ai interrogé sur la programmation du renseignement dans le Projet de loi d’actualisation de la loi de programmation militaire. Alors que certains parlent déjà d’une « ère du renseignement », comment pouvons-nous adapter nos capacités de renseignements techniques et humains aux nouvelles menaces ?

Le chef d’état-major des armées a répondu à la Commission au sujet des drones, de l’informatique quantique et des systèmes de communication. La LPM soutient l’investissement dans la recherche et le développement. De cette manière, l’innovation est concentrée sur les meutes de drones terrestres, technologie stratégique sur le théâtre ukrainien. Le développement de l’ordinateur quantique ainsi que des moyens de communication tels que Artemis IA, produit par un partenariat entre Thales et Athos (Athea), offre à la Direction du Renseignement Militaire une souveraineté et un savoir-faire stratégique renouvelés en matière de renseignement. Il confirme cependant les craintes liées au retard dans le renseignement spatial…

Comme mon collègue Pascal Allizard, j’ai demandé à Mme la ministre de m’éclairer sur le volet consacré dans le LPM 2024-2030 initiale au renseignement et sur la programmation de 5,4 milliards d’euros de crédits sur cette période. Celle-ci m’a répondu que ces crédits ne seraient pas remis en cause dans le texte actualisé et a précisé que le volet spatial du renseignement serait développé. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet, car la lecture détaillée des tableaux capacitaires semble indiquer le contraire ? Les satellites de renseignement électromagnétique, notamment le Celeste, et les satellites Iris de renseignement image, qui étaient programmés dans le parc à la fin de 2030, semblent repoussés à 2035. Dans le même temps, le retrait du service en 2022 des avions Transall Gabriel de renseignement électromagnétique ne sera au mieux compensé qu’en 2030, au lieu de 2025, par les futurs avions Archange.

À partir de ces constats et compte tenu de la situation géopolitique qui nous impose plus que jamais de conserver une capacité de décision souveraine, tant pour l’engagement et la sécurité de nos forces que pour la crédibilité de la dissuasion, pourriez-vous d’une part nous confirmer que nous ne risquons pas de trou capacitaire d’ici à 2035 ? D’autre part, et plus largement, pourriez-vous nous livrer votre réflexion sur l’adaptation du renseignement d’intérêt militaire pour limiter notre dépendance à l’allié américain et développer d’autres partenariats ?

Comme vous nous avez parlé un langage de vérité, j’ose espérer que vous pourrez dissiper le doute qu’ont généré les réponses de la ministre, hier, même si elle nous a assuré que rien n’était remis en cause.