Ce mercredi, nous avons auditionné Madame la ministre des Armées Catherine Vautrin sur les enjeux de l’actualisation de la Loi de Programmation Militaire. J’ai voulu évoquer le parent pauvre de cette actualisation de la LPM : le renseignement. En effet, le rapport annexé du projet de loi n’intègre pas le renseignement parmi les domaines concernés par la surmarche budgétaire. Alors que les ingérences et les campagnes de désinformation font peser une menace de plus en plus pressante, il est impératif de définir une stratégie de renseignement humain et technique.
Le rapport annexé établit certes d’un côté de nouveaux moyens capacitaires de renseignement spatial mais de l’autre, il retarde leur mise en œuvre de cinq années. De sorte que les satellites Céleste (électromagnétique) et Iris (optique) ont été reprogrammés de 2030 à 2035. Le « tuilage », engendré par le renouvellement différé de nos capacités spatiales serait corrigé par la coopération avec nos alliés. A cet égard, j’ai souligné que le renseignement spatial était un pilier fondamental de notre stratégie.
Ma question porte sur le volet renseignement de la LPM, qui prévoyait 5,4 milliards d’euros de besoins programmés sur la période 2024-2030.
Or le rapport annexé au projet de loi d’actualisation n’intègre pas le renseignement parmi les quatorze domaines concernés par des surmarches. Une lecture détaillée des tableaux capacitaires montre que le lancement des satellites Céleste (capacité électromagnétique spatiale) et Iris (instrument de renseignement et d’origine spatiale), dédié au renseignement d’origine image, qui était programmé à la fin 2030, semble repoussé à l’horizon 2035.
Alors que la situation géopolitique nous impose plus que jamais de conserver une capacité de décision souveraine, pourriez-vous nous confirmer que les moyens consacrés au renseignement sont maintenus et que nous ne risquons pas de faire face à un trou capacitaire d’ici à 2035 ?
