L’Union InterParlementaire se positionne sur l’usage légal et légitime de la violence armée

À l’occasion de la 140ème assemblée de l’Union Interparlementaire (UIP), ce sont plus de 773 parlementaires, issus de 160 pays, qui se sont réunis à Doha (Qatar). J’ai souhaité participer aux travaux de l’IUP, convaincue que les échanges entre parlementaires participent au renforcement du multilatéralisme et des cultures démocratiques de nos pays. C’est ainsi que j’ai assisté à la commission « paix et sécurité internationale », en charge de la production d’une résolution intitulée « Le caractère inacceptable de l’utilisation de mercenaires comme moyen de saper la paix et de violer les droits de l’homme ». Ce travail intervient dans le contexte particulier de la recrudescence du recours aux mercenaires dans différents conflits armés, entraînant par là-même des exactions à l’endroit des civils.

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La reconstruction de l’Irak est-elle possible ?

Le 3 avril dernier, la Commission des affaires étrangères du Sénat auditionnait Myriam Benraad sur les enjeux et les perspectives de la reconstruction de l’Irak. L’Irak est un pays riche, mais le taux de pauvreté s’élève à 22,5 % au niveau national et 41 % dans les zones sous domination de l’État islamique. Il y a donc lieu d’agir.

Lors de la conférence des donateurs organisée au Koweït, on a constaté que l’Irak avait réalisé moins de 1 % de son programme de reconstruction des zones détruites reprises à l’État islamique, programme dont le coût est estimé entre 80 et 100 milliards de dollars. Les scénarios gouvernementaux ont sous-estimé l’ampleur et la gravité de la crise. Le gouvernement irakien, l’ONU, les instances internationales et les donateurs, parmi lesquels la Banque mondiale, ont fixé à dix ans la durée des travaux de reconstruction, mais sous conditions de stabilité locale, d’utilisation rationnelle des fonds et, surtout, d’éradication de la corruption. Or, classé 168e sur 180 par l’organisation non gouvernementale Transparency International, l’Irak est l’un des pays les plus corrompus au monde. Dès lors, une réelle reconstruction de ce pays est-elle possible ? Quid du respect des trois principes retenus par les donateurs ?

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70 ans de l’OTAN : quel est l’impact de tensions au sein de l’Alliance ?

À l’occasion des 70 ans de l’OTAN, la Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées a, le 3 avril, auditionné conjointement Alice Guitton, directrice générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS – ministère des armées) et Nicolas Roche, directeur de la Direction des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement (DAS – ministère de l’Europe et des affaires étrangères).

J’ai souhaité interroger ces deux intervenants sur les relations entre la Grèce d’une part et la Turquie de l’autre. Le 27 mars dernier, la Grèce a fait état du survol d’un avion turc qui a perturbé le décollage de l’avion du premier ministre grec. Dans ce contexte, je suis intervenue en commission afin de déterminer quel est l’impact de telles tensions dans l’alliance et quelles sont les possibilités de médiation et d’intervention permise par l’OTAN.

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Quelle sortie de crise en Colombie ?

La Commission des Affaires étrangères a reçu ce matin Daniel Pécaut, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). En propos liminaire, Daniel Pécaut a rappelé la fragilité des accords de paix conclus entre le gouvernement et les mouvements de guérilla, ainsi que les menaces qui planent sur sa mise en application. Il existe donc des risques sérieux de déstabilisation de la région, a fortiori compte tenue de la situation au Venezuela. L’ensemble des phénomènes de violences ont occasionné 7 millions de déplacés, 40 000 enlèvements et 60 000 disparus. Or, les accords de paix sont salués par l’ONU comme un accord très satisfaisant de sortie de crise. Mais la grande surprise a été le refus par plébiscite de l’accord (51% de non), sur fond d’abstention massive. Le gouvernement Santos a repris les négociations avec les FARC pendant plus d’un an pour parvenir à un nouvel accord.

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Quels enjeux pour la présidence française du Conseil de sécurité de l’ONU en mars 2019?

Ce matin la Commission des Affaires étrangères du Sénat a auditionné Alexis Lamek, directeur des Nations unies au ministère de l’Europe et des affaires étrangères. L’occasion pour moi de revenir sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, souhaitée par bon nombre de pays.

Le président François Hollande avait en effet émis une proposition sur la limitation de l’usage du droit de veto en cas d’atrocités de masse. Je pense avec conviction  qu’il est grand temps de remettre au premier plan cette initiative portée avec le Mexique et soutenue par 80 pays. Où en est-elle ? Continuer la lecture de « Quels enjeux pour la présidence française du Conseil de sécurité de l’ONU en mars 2019? »

Enjeux géopolitiques de la situation au Moyen-Orient

Le 6 février dernier, la CAED auditionnait Pierre Razoux, directeur de recherches à l’IRSEM. Dans un article publié dans le journal L’Opinion en juillet 2017, Pierre Razoux évoquait un dialogue entre l’Iran et Israël. Je lui ai demandé si, depuis la parution de cet article, le dialogue entre ces deux nations, conditionné à l’évolution de la question palestinienne, avait repris de façon discrète pour faire face aux menaces communes. Quelle pourrait être la position de la France à cet égard ?

Selon Pierre Razoux, nous n’avons pas de preuve d’une reprise du dialogue entre l’Iran et Israël, « mais nous pensons qu’elle a eu lieu ». « M. Netanyahou était présent à Oman à la fin de 2018. Or c’est à Oman que tout le monde discute avec les Iraniens. M. Netanyahou ne veut évidemment pas le reconnaître politiquement, d’autant moins qu’il connaît des difficultés judiciaires et qu’il vise une réélection. Les Irakiens jouent peut-être également un rôle d’intermédiaire. Des délégations irakiennes se sont rendues en Israël récemment. Or les Irakiens n’ont rien à refuser aux Iraniens. On peut également imaginer des canaux de discussion avec des pays européens ou la Suisse, mais aussi avec la Russie. Toutefois, les Israéliens et les Iraniens se méfient des Russes et ont intérêt à discuter directement. »

La situation des femmes en Afghanistan

Ce matin nous avons auditionné Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à l’Université Paris 1. En 2002, il a publié une série d’articles dans le Monde diplomatique, appelant la communauté internationale à pousser l’Afghanistan vers la modernité. Il y évoquait la situation des femmes. Certes, on peut compter sur les Talibans pour éradiquer la culture du pavot, mais je ne voudrais pas qu’il y ait aussi éradication des droits des femmes et du droit à l’éducation. La question des femmes ne doit pas être accolée à celle des minorités. Les femmes ne sont pas une minorité. Je ne sais pas quel enfer se dessine avec l’arrivée des Talibans, se présentant comme un gouvernement en exil. Mais j’ai le sang qui se glace quand j’entends que les Talibans souhaiteraient siéger à l’ONU. « Quelle est la situation réelle des femmes aujourd’hui en Afghanistan ? Ont-elles une place en politique ? Que peut-on faire dans la perspective de la reconstruction de ce pays ? Quels réseaux d’influence peut-on solliciter ? »

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